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Description

Joséphine Raynauld et Jason Dozier, vice-présidents de CliMates, présentent dans cette vidéo (12'00) le rôle de la jeunesse et son appropriation des Objectifs de Développement Durable. Joséphine Raynauld évoque tout d'abord leur mobilisation, puis met en lumière les opportunités qu'offrent l'agenda 2030 pour que cette jeunesse soit initiatrice de solutions locales et internationales.

Niveau

  • Bac+1
  • Bac+2

Langues

  • Français

État

  • Labellisé

Thèmes

  • Objectifs de Développement Durable
  • Institutions, acteurs, sociétés et territoires

Licence Creative Commons

  • Pas de modification
  • Partage des conditions à l'identique
  • Paternité
  • Pas d'utilisation commerciale

Nature pédagogique

  • Animation
  • Cours

Types

  • Grain audiovisuel

Mots-clés

agenda 2030ODDobjectifs de développement durable
Les acteurs s'emparent des ODD
Les acteurs s'emparent des ODD
Les ODD, des acteurs engagés pour le bien commun
Les ODD, des acteurs engagés pour le bien commun
Les ODD peuvent-ils structurer l’action de la société civile ?
Les ODD peuvent-ils structurer l’action de la société civile ?
On réussira les ODD avec les citoyens
On réussira les ODD avec les citoyens
Comment les entreprises participent-elles à l’intérêt général dans le monde ?
Comment les entreprises participent-elles à l’intérêt général dans le monde ?
Quels acteurs doivent se mobiliser pour atteindre les objectifs sociaux ?
Quels acteurs doivent se mobiliser pour atteindre les objectifs sociaux ?
La mobilisation des acteurs financiers autour des ODD
La mobilisation des acteurs financiers autour des ODD
Comment parler des ODD ? Les médias devant le long terme
Comment parler des ODD ? Les médias devant le long terme
Comment répondre à l'impératif d'une large mobilisation pour les ODD ?
Comment répondre à l'impératif d'une large mobilisation pour les ODD ?

Contributeurs

Joséphine Raynauld

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L’Agenda 2030, agenda pour et par la jeunesse

Joséphine Raynauld et Jason Dozier,Vice-présidents de CliMates
 

L'agenda 2030, un agenda pour la jeunesse. Oui, parce que la jeunesse en est sans doute le principal bénéficiaire, mais l'agenda 2030 est aussi et surtout un agenda par la jeunesse. Pourquoi ? Parce que la jeunesse en est déjà actrice. La jeunesse, en France par exemple, est engagée et déjà mobilisée, notamment via l'associatif. Un jeune sur cinq en France, aujourd'hui, est engagé dans une association. Pas nécessairement environnementale, mais un engagement pour l'intérêt général et dans la collaboration. Malgré cette sous-représentativité des ONG de l'environnement, pour l'environnement, 30% environ des jeunes ont une idée précise du développement durable. Pourtant, plus de la moitié a eu accès à ce terme. Pourquoi seulement une partie, une partie mineure comprend, conçoit les ODD comme un outil, peut-être comme un moyen d'action, pourquoi pas ?

On peut se questionner sur la pertinence des moyens de véhiculer l'information, sur l'accès à cette information, à qui on parle, comment on en parle. Est-ce qu'il faut renouveler ce langage pour pouvoir parler à la jeunesse d'aujourd'hui ? La jeunesse souhaite s'emparer des ODD. Pour ça, elle doit y avoir accès, elle doit la comprendre, elle doit en parler. Et qu'est-ce qu'elle entend par les ODD, qu'est-ce qu'elle espère des ODD ? D'abord, une compréhension transversale de ces enjeux, une compréhension des enjeux contemporains vus comme un ensemble. Comment ? En mobilisant l'ensemble des acteurs de la société civile, les acteurs étatiques, les acteurs locaux, les acteurs globaux, comment on ira tous ensemble vers l'atteinte de ces objectifs qui sont aujourd'hui une feuille de route internationale. On en a conscience. Donc pour nous, l'enjeu principal des ODD c'est de les rendre concrets, de passer à l'action.

Malgré une appropriation encore lacunaire des ODD de la part de la jeunesse, la jeunesse est déjà à l'action. Parfois, les projets, les initiatives engagées ne répondent pas à proprement parler à des ODD, parce qu'ils n'ont pas été catalogués comme tels, mais pourtant, ils répondent déjà à ces enjeux, parfois à l'un d'entre eux, parfois à plusieurs d'entre eux et ont déjà pour objectif de tous les lier. C'est une des portes d'entrée, c'est l'éducation pour la jeunesse, c'est aussi le changement climatique, un sujet dont on parle beaucoup, dont on parle de plus en plus. Et pour nous, c'est une porte d'entrée pour voir les choses de manière systémique. Une fois qu'on a accès à l'information, on en fait quelque chose de performatif, on en fait quelque chose de mobilisateur et on essaye systématiquement de passer de la sensibilisation à la mobilisation. Donc on prend cette info, on l'absorbe nous-mêmes, on monte en capacité pour être apte à transmettre cette information à d'autres jeunes, mais aussi à leur faire prendre action. Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ? Ça veut dire qu'on ne se contente pas d'une formation de la part d'un enseignant pour un apprenant, mais on va tenter d'échanger ces rôles, de rendre ces moments interactifs, participatifs, pour que la personne puisse se l'approprier.

Un exemple de l'association CliMates, c'est le projet COP In MyCity. Ça vise à organiser des simulations de négociations internationales sur le climat, un sujet plutôt opaque et qu'on rend accessible. Comment ? Certes, en divulguant de l'information, en vulgarisant les informations : qu'est-ce que c'est, comment y prendre part, comment les négociations "climat" englobent l'ensemble des ODD ? Mais on passe aussi un moment participatif, interactif, d'une simulation, d'un jeu de rôle. C'est une méthode qui peut être aussi exportée pour discuter, pour engager le débat sur des thématiques aussi complexes et ensuite, il y a une troisième phase de mobilisation qui fait vraiment le pont entre les premiers moments qu'on a partagés d'apprenant à enseignant et ce moment où on devient tous acteurs et actrices du changement. Cette mobilisation, elle se fait au niveau local. Donc à travers un seul et même projet, on est passé du global — des négociations climatiques — au local — qu'est-ce qu'on peut faire chez nous, comment, avec qui. On est passé aussi de diplomatie internationale à de la politique publique locale. On est acteur, participant à la vie de la cité et ça participe, ça contribue à notre épanouissement en tant que jeune, en tant qu'acteur, à proprement parler, de la société à laquelle on prend part.

Qu'est-ce que veut dire cet engagement ? Qu'est-ce qu'on fait de cet engagement en tant que jeune ? On est moteur dans l'engagement pour une transition individuelle : une transition écologique qui se fasse, certes, au niveau global, certes au niveau régional, mais aussi au niveau individuel. On change nos modes de vie et on engage notre entourage à changer son mode de vie avec nous, via l'engagement associatif, mais aussi en animant le débat social. Il y a le débat politique, il y a le débat des acteurs de la société civile et il y a le débat de la jeunesse avec toutes les personnes qu'elle côtoie, avec nos familles, comment on change, à toute petite échelle, les choses et comment on connecte ces changements avec l'échelle globale. L'individuel et le collectif, une manière de les réunir, c'est peut-être de se servir des ODD.

Pour la jeunesse, les ODD peuvent représenter trois avantages majeurs.

Le premier, ce serait de les considérer comme une feuille de route. Comment, à partir des ODD, on crée un cadre qui nous permet d'évaluer, de cataloguer et de connecter nos initiatives entre elles ? Est-ce que ce projet répond à l'ODD 4 sur la jeunesse, est-ce qu'il répond à l'ODD 13 sur la lutte contre le changement climatique ? Peut-être aux deux en même temps et souvent aux deux en même temps et aux trois, au quatre, comment on va créer à partir de cette feuille de route. C'est un premier avantage.

Le deuxième, c'est potentiellement : les ODD comme un outil de plaidoyer. De plaidoyer, pourquoi ? Parce que pour la première fois, en plus de souhaiter atteindre des objectifs communs par tous les États, au niveau onusien, on a axé ses objectifs sur la durabilité, sur la soutenabilité de ces initiatives qu'on va mener ensemble. Comment la jeunesse, potentiellement, s'en empare pour accélérer les choses, pour les faire aller plus loin, plus vite et ensemble ?

Un troisième axe, un troisième avantage, est aussi pour nous la légitimation que cela peut nous apporter. Comment la jeunesse, à travers les ODD, en s'en emparant, peut devenir un acteur plus légitime aux yeux des autres acteurs de la société, étatique et non étatique. C'est un problème qui est rencontré très largement par la jeunesse, ici et ailleurs : comment on se rend crédible aux yeux des initiatives politiques, des initiatives sociales ? En fait, on en a fait un challenge. On essaye de renouveler les manières d'aborder les sujets, les manières de créer des partenariats, de collaborer, parce que souvent, on est face à un manque de considération de la jeunesse en tant qu'acteur et des initiatives portées par la jeunesse. Par exemple, si on regarde le cadre posé par les ODD, il n'y a pas d'ODD sur la jeunesse. Qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce que la jeunesse est mise de côté dans le cadre international qui est fixé ou est-ce qu'elle est considérée comme un acteur à part entière qui donc, se doit d'évaluer et de mettre en œuvre tous ces ODD ? Oui, mais dans ce cas, quelle écoute ? Quelle écoute et quelle réception de nos projets, de nos initiatives ?

En fait, la jeunesse est déjà détentrice d'un savoir, détentrice de méthodes qu'elle met en œuvre pour implémenter ces ODD, même sans forcément les cataloguer comme projets ODD. Ce sont des informations et des projets qui sont plutôt informels, qui sont plutôt bottom-up. Mais pourquoi ? Parce qu'ils répondent à un manque, parce qu'aujourd'hui, on ne parle pas encore, ou vraiment pas assez, de développement durable, de changement climatique, de biodiversité dans nos écoles, mais aussi dans la rue, mais aussi dans le débat politique. Nous, on a développé ces outils-là, les manières de passer de la sensibilisation à la mobilisation, mais on n'est pas forcément entendu. Ces outils ne sont pas forcément encore reconnus.

Donc il faut un changement de perception de la jeunesse, peut-être aussi par la jeunesse, comment nous on se considère, comment nous on se met en avant, comment on va chercher ces initiatives et comment on s'inclut dans le processus de décision ? La clé pour la jeunesse, c'est d'être à la table des négociations, d'être à la table des décisions, faire entendre nos voix et nos voix, elles sont déjà connectées, elles sont déjà internationales, elles sont déjà transversales. On sait quoi dire tous ensemble. On ne fait pas débat, il n'y a pas de problème autour des solutions qu'on veut porter ensemble, parce que l'orientation est la même. On est né, notre génération, dans un contexte plus ou moins stable politiquement, mais où on avait déjà fixé des objectifs potentiellement communs ou des problèmes potentiellement communs dans un monde qu'on disait déjà globalisé, mondialisé. Donc, on se l'est approprié, déjà : on est connecté aux négociations sur le climat, il y a des observateurs qui se sont réunis dans un groupe jeunesse, on est présent, on porte nos voix et au niveau local aussi.

Comment inclure la jeunesse dans le processus décisionnel ? En valorisant, en revalorisant, l'engagement de la jeunesse, en changeant notre perception de la jeunesse, en la rendant légitime, crédible, pour discuter, créer, innover. Ces changements de perception, cette inclusion, doit nous mener vers un cadre qui soit cohérent, qui englobe l'ensemble des ODD, l'ensemble de ses acteurs. Pour la jeunesse, les ODD, c'est une évidence. C'est quelque chose avec laquelle on est né. Même si elle n'existait pas encore, et même si elle sera atteinte un jour, la jeunesse est l'acteur qui va la faire durer, qui va la réaliser d'ici 2030 et bien après. C'est une évidence et c'est pour ça que l'agenda 2030 doit être un agenda pour la jeunesse, mais aussi et surtout un agenda par la jeunesse.