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Description

Arnaud Diemer, maître de conférences à l'Université Clermont Auvergne, présente dans cette vidéo (7'44) le modèle REDOC, qui met en évidence l'articulation entre les représentations, les démarches pédagogiques, les outils didactiques et les compétences. Il souligne l'importance de la réflexivité dans l'évolution des représentations, qui constitue le noyau de ce modèle.

État

  • Labellisé

Langues

  • Français

Licence Creative Commons

  • Partage des conditions à l'identique
  • Pas d'utilisation commerciale
  • Pas de modification
  • Paternité

Mentions Licence

  • Sciences de l'éducation
  • Sciences sociales

Nature pédagogique

  • Cours

Niveau

  • Bac+4
  • Bac+5

Objectifs de Développement Durable

  • 4. Education de qualité

Thèmes

  • Education à l'environnement et au développement durable
  • Institutions, acteurs, sociétés et territoires

Types

  • Grain audiovisuel

Mots-clés

éducation à l'environnement et au développement durablereprésentationsdidactique
Que sont les représentations ?
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Exemples de représentations en éducation au développement durable à travers le monde
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Activité des enseignants en éducation à la santé
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L'examen collectif en éducation au développement durable : mettre la coopération au centre de l'évaluation
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Contributeurs

Arnaud DIEMER

UCA - Université Clermont Auvergne

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Arnaud Diemer, Maître de conférence, Université Clermont Auvergne

En matière d'éducation au développement durable, il est d'usage de formaliser, autrement dit de structurer, de concevoir et d'organiser un petit peu ses idées, voire d'émettre des hypothèses. Le modèle REDOC repose un petit peu sur un retour d'expériences, d'enseignants, de chercheurs ou d'apprenants sur effectivement le rapport à l'éducation et le développement durable. 

REDOC juste pour dire que nous partons des représentations avec donc un grand R, d'être capable de réfléchir sur une démarche pédagogique, qui va bien sûr être un élément phare dans la conception de l'éducation au développement durable et puis de proposer des outils et des compétences. Ce qui est important dans ce modèle, c'est bien comprendre que les représentations vont être le nœud, le noyau central, et ces représentations on peut les faire émerger de plusieurs manières, ça peut être un simple questionnaire, ça peut être l'interview qu'on va avoir avec différentes personnes, ça peut être des pratiques plus sophistiquées, le focus group qui impose un travail en groupe de taille réduite, généralement c'est 8 à 10 personnes et plusieurs tours vont faire émerger des représentations, voire le numérique peut être très utile. Tropes est un logiciel qui permet d'analyser le discours, de travailler sur ce qu'on appelle les noyaux, autrement dit les concepts forts et les périphériques, ce qui vient argumenter le noyau, ça peut être un adjectif, ça peut être quelque chose qui va préciser les idées qu'on va introduire. 

Les démarches pédagogiques sont importantes parce qu'il faut les élaborer avec les apprenants. La relation apprenant-formateur change complètement, on est sur la co-construction et donc forcément dès qu'on parle de démarche pédagogique, on parle bien sûr d'esprit critique. Il ne s'agit pas de critiquer, mais de co-construire ensemble de bonnes pratiques qui sont liées à des projets collectifs, des fois même le projet va définir l'éducation au développement durable, ça peut être des réflexions sur la manière de penser le présent, on est très souvent dans le futur ou le passé et le présent joue un rôle très important dans les projets qu'on peut avoir. Finalement, ces démarches vont nous orienter vers les meilleurs outils, quels sont les outils didactiques qu'on va mobiliser pour effectivement aller de l'avant, aller dans ce changement de comportement ? Alors, les contes sont bien sûr très appropriés pour la petite enfance, pour les enfants et même pour les adultes et puis le photolangage, travailler sur des images, travailler aussi sur des controverses, voire être capable d'identifier des controverses qui vont faire blocage dans les représentations, c'est un élément important. 

Et finalement, si on regarde bien, REDOC renvoie aux compétences, quel type de compétences je veux faire émerger dans mon éducation au développement durable ? Ces compétences elles peuvent être individuelles, elles peuvent être collectives, elles peuvent être émotionnelles. L'émotion rentre bien aujourd'hui dans le rapport à l'éducation et ce qu'il faut bien comprendre c'est que REDOC ne signifie pas qu'on commence par les représentations, on peut commencer par les compétences, on peut entrer par les outils, mais impose en fait un va-et-vient régulier. Donc, on est vraiment dans l'interaction. 

Alors, cette interaction bien sûr joue un rôle très important, mais le nœud quand même de REDOC c'est de bien partir d'une même approche, et pour avoir une bonne représentation de l'environnement du développement durable au sens général, il faut être bien d'accord sur le type d'enjeux qu'on va identifier, sur la méthode qu'on va utiliser, sur la démarche. On évoquait la transdisciplinarité, comment transgresser les disciplines, comment aller au-delà de ces disciplines, qui très souvent nous éprouve dans le changement de comportement et puis nous amener à réfléchir sur différentes dimensions du développement durable pour aboutir tout doucement aux espaces. L'espace-temps joue un rôle très important, mais également le territoire va définir le rapport au développement durable et puis finalement les grands principes et les valeurs qui vont nous aider à mieux comprendre quel objectif, quelle finalité on cherche effectivement à mettre en avant. 

Alors, juste pour bien comprendre un aspect de REDOC, on a évoqué la démarche pédagogique. C'est vrai que ces démarches sont très intéressantes, elles ne sont pas forcément basées uniquement sur l'induction et la déduction, très souvent 2 hypothèses très fortes des modèles, mais elle est basée sur le type de démarche la plus appropriée par rapport à un contexte. On peut très bien faire référence au milieu de vie et l'éducation au développement durable c'est redécouvrir son milieu de vie, ça peut être par un parcours fléché dans une ville à comprendre l'architecture, comprendre le rapport à l'environnement, comprendre le rapport à la pollution aussi. Donc, le cadre de vie peut être un acteur très important, et puis on peut travailler aussi sur le présent, le temps présent, le savoir-être, la pleine conscience est un outil qui permet vraiment de se fixer sur le présent, d'avoir une forme de réflexivité sur soi-même et pas forcément sur les autres et pas forcément par rapport au passé ou par rapport au futur. Puis, la dimension critique est très intéressante dans la co-construction. N'oubliez pas que quand on réfléchit sur les compétences, sur les connaissances, on part toujours d'une construction très naïve, on est curieux et la curiosité va forger une forme d'épistémologie où l'esprit critique va développer une démarche. La démarche, c'est comprendre comment on peut mieux appréhender le monde et si on peut mieux l'appréhender, on est capable de jouer sur les comportements. Enfin, le projet personnel a une dimension très importante puisque l'implication du sujet, dont de l'apprenant comme du formateur, va jouer un rôle très important sur les finalités et sur les objectifs. 

Au final, on comprend qu'être d'accord sur un discours, sur ce qu'est le développement durable, être d'accord sur l'éducation, sur le corpus représentation, démarche - outil - compétences est bien sûr un plus, mais on n'aurait pas bouclé le système, le modèle REDOC si on ne parlait pas de réflexivité. Il faut bien comprendre que les représentations ont un noyau central et très souvent on est ancré dans ces représentations. Le seul process pour pouvoir les transformer, c'est être réflexif, être capable de réfléchir sur soi-même, sur ce qu'on a acquis, de quelle manière, sous quelle forme, ce qu'on a pu comprendre ou mal comprendre et forcément rompre le circuit habitude. On sait très souvent que dans la journée on fait 3 000 gestes, or on réfléchit très peu sur les 3 000 gestes qu'on va faire durant la journée, certains sont pratiquement des gestes routiniers. La réflexivité impose une réflexion sur tous les gestes, sur toutes les décisions qu'on va prendre, qui forcément vont forger des représentations, qui vont être un nœud central dans le rapport à l'éducation. Au final, être réflexif, c'est vraiment réfléchir sur quel type de représentations ? Faut-il les modifier ? Comment les modifier ? Quel type de changement en profondeur, culturel, social, économique, voire des fois environnemental ? Et en même temps comprendre la démarche qui va inculquer les compétences nécessaires, souhaite-t-on être plus responsable, plus ouvert, plus solidaire ? Et au final on aurait une forme de méta-environnement où la réflexivité jouerait le rôle d'aiguillon qui permet à la transformation, ça montre bien une chose, l'éducation est un process, est un process qui dure longtemps et pour être dans la partie éducative, il faut vraiment être inculqué par la réflexivité.