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Description

Dans cette vidéo, Arnaud Diemer présente l'approche systémique, méthode de résolution des problèmes complexes. Après un historique du développement de cette approche, il en examine la structure et le fonctionnement.

État

  • Labellisé

Langues

  • Français

Niveau

  • Bac+3
  • Bac+4

Objectifs de Développement Durable

  • 4. Education de qualité

Types

  • Grain audiovisuel
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Contributeurs

Arnaud DIEMER

UCA - Université Clermont Auvergne

Arnaud DIEMER, Maître de Conférences – Université Blaise Pascal Clermont-Ferrand 

L’analyse systémique ou plus précisément la dynamique des systèmes va jouer un rôle très important dans la méthode scientifique et la manière d'aborder les phénomènes par les scientifiques.

    Il faut se rappeler que pendant longtemps on simplifiait en grande partie la manière d'appréhender ces faits et la simplicité passait par une décomposition des faits élémentaires et on mettait de côté tout ce qui allait au-delà, effectivement, de la simplicité.

    La micro-économie par exemple parle des agents économiques et on tente de comprendre les comportements de consommation, les comportements de production.

    À l'opposé, la vision macro globalise des choses : on parle de groupe, on parle de groupes de société ou de groupes sociaux, on parle d'agrégats.

    Et on voit bien qu’entre les deux, se posait la question de savoir comment on parlait de complexité, comme on admettait que dans un scénario de prospective il puisse y avoir incertitude, irréversibilité, et que des phénomènes dus au hasard jouent un rôle important.

La dynamique des systèmes va essayer de répondre à ces questions. Et elle apporte en fait une triple réponse :

•    Elle se présente comme une méthode de résolution des problèmes et à partir de là elle admet la complexité comme un outil, un outil intéressant et important à mettre en place ; 

•    Elle pose la question des comportements : comment modifier les comportements d'agents dans un système ; 

•    Et puis enfin, elle réfléchit sur des prospectives en termes de politiques publiques, en termes de politiques sociales, voire de politique en sciences de la vie et de la terre puisqu’effectivement on peut être amenés à prendre une série de décisions intégrant cette irréversibilité.

Alors, cette analyse systémique ne s'est pas faite du jour au lendemain, les pères fondateurs vont jouer un rôle très important.

•    Norbert WIENER, qui est donc à la gauche de l'écran, va jouer et va avoir une dimension importante sur la manière d’appréhender scientifiquement l'analyse systémique, il parle de cybernétique.

    Il faut rappeler que c'est un mathématicien à l'époque, qui travaille sur les systèmes de la NASA et surtout les systèmes d'armement et donc il a une volonté de savoir sur la manière de communiquer entre effectivement ces systèmes et comment anticiper des comportements. 

    Alors, on pense bien sûr à des comportements de pilotes d'avion, des comportements de satellites et WIENER réfléchit justement sur la manière de complexifier les méthodes et les programmes de la NASA.

•    Deuxième personne qui va jouer un rôle important, c'est Ludwig von BERTALANFFY. 
    Lui va comprendre qu'un système est toujours ouvert, des flux entrent, des flux sortent et comme le système reste ouvert, il devient auto-organisé. 
    Ce système est capable en fait d'exister par lui-même, de fonctionner par lui-même, il évolue et donc forcément l'auto organisation va jouer un rôle important.

•    La troisième personne J. FORESTER qui vient du MIT, qui est l'originaire et la personne qui va travailler sur le modèle MEADOWS, sur ce fameux modèle de simulation de l'effet catastrophe sur l'épuisement des ressources naturelles.

•    Et puis on pourrait ajouter une quatrième personne qui ne parle pas de systémique mais qui a une capacité à nager, à survoler cette systémique, c'est Edgar MORIN qui parle bien sûr d'incertitudes, de complexité.
    Selon lui la cybernétique, l’analyse systémique, c'est une capacité a effectivement naviguer dans l'incertitude, dans le hasard, dans la complexité.

Alors c'est vrai que l'analyse systémique repose sur une architecture importante, elle est avant tout structurelle cette architecture et elle renvoie à plusieurs questions :

•    Première question : un système a des frontières. Il peut être limité, il peut être ouvert.
    Une entreprise par exemple peut être complètement fermée sur son capital mais elle peut être très ouverte sur ses actionnaires.

Donc un système sera toujours définit par ses frontières.

•    Un système renvoie également à ces éléments : quels sont les agents qui vont définir ce système ?
    Quand on parle d'un écosystème, on peut imaginer que la faune, la flore, constituent effectivement ces différents éléments.
    Et ce qu'on conçoit surtout c'est que ces éléments entrent en interaction. L'information circule et donc forcément la communication va jouer un rôle très important.

•    Je ne l'ai pas évoqué mais les travaux de SHANNON et WEAVER vont jouer un rôle puisque ces économistes mais également scientifiques vont réfléchir sur la communication : celui qui émet, celui qui reçoit et puis les biais cognitifs.
    Quand vous percevez un message, est-on sûr d'avoir bien décodé ce message, d'avoir bien compris l'issue du message.

•    Et quatrième élément, c'est qu'on n’oublie pas qu'un écosystème, qu'un système, renvoie carrément au stockage. 
    Comment stocker l'information, comment décrypter l'information et en quoi ce stockage devient utile pour comprendre l'évolution du système ?

Alors, au fur et à mesure, on peut considérer que l'approche systémique a été au-delà de l'approche structurelle et a permis un fonctionnement qui aujourd'hui est décrié.

    Alors, ce fonctionnement joue un rôle important parce que quand on parle d'aspect fonctionnel, on évoque les flux. Pendant longtemps on stockait et on jouait sur les capacités de stockage des éléments. 

    Là, on estime que les flux, les flux de matière, les flux d'énergie vont jouer un rôle important dans l'approche systémique. 

    Et puis surtout, on va considérer que derrière ces flux, il y a des gens qui prennent des décisions. Les centres de décisions vont jouer un rôle, c’est eux qui vont transmettre l’information, l’information sur les flux par exemple et puis en même temps qui vont décrypter, qui vont pourquoi pas modifier l'information.

    On peut imaginer un biais cognitif, un bluff cognitif qui va jouer un rôle important dans la compréhension systémique.

Au-delà de ceci, il faut rappeler qu'un système a des boucles. 
-    Certaines boucles sont des boucles de rétroaction positive : elles vont amplifier le phénomène ;
-    D'autres boucles, sont des boucles négatives : elles vont stabiliser le phénomène.

    Et tout modèle, tout cycle systémique a ce genre de boucles positives et négatives.

    Quatrième élément fonctionnel, c'est le délai de réponse. Tous les systèmes n'ont pas les mêmes délais de réponse. La nature, l’environnement a besoin de temps pour réagir, la croissance économique, elle, est dans le court terme et le court-termisme peut-être à l'opposé du long terme.

Un exemple peut-être d'approche systémique qui a joué un rôle très important dans le rapport MEADOWS, c'est la boucle population. Si vous avez bien suivi ce que j'ai évoqué sur l'approche systémique, rappelez-vous qu'il y a une boucle positive et une boucle négative. La boucle positive amplifie le phénomène. Ça signifie quoi ?

    Si le quota alimentaire venait à augmenter dans un pays en développement, si le taux de natalité venait à augmenter, la démographie augmenterait donc la richesse par individu baisserait. 

    On a ici une boucle exponentielle mais qui déstabilise le système.

    A l'opposé, un taux de mortalité relativement important, baisse du côté alimentaire par personne, va réduire une population.

Je mets de côté les critères éthiques qui jouent un rôle important mais comprenez bien que l'approche systémique permet de comprendre toute la complexité des phénomènes en permettant à chacun de saisir les conditions, les opportunités de l'analyse d'un fait socio-économique.