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Description

Jean-Michel Zammite, directeur des Outre-mer au sein de l'Office français de la biodiversité (OFB), discute dans cette vidéo de l'enjeu de préservation du patrimoine naturel dans les Outre-mer. Il définit tout d'abord cette notion de patrimoine puis il met en lumière une diversité de sollicitations des écosystèmes conduisant à leur érosion. Il évoque enfin quelques leviers pour préserver la biodiversité ultramarine.

Objectifs d'apprentissage :
- Définir la notion de patrimoine naturel.
- Comprendre les principales sources de sollicitation des écosystèmes ultramarins.
- Identifier des leviers pour protéger le patrimoine naturel ultramarin.

État

  • Labellisé

Langues

  • Français

Licence Creative Commons

  • Partage des conditions à l'identique
  • Pas d'utilisation commerciale
  • Pas de modification

Mentions Licence

  • Sciences de la vie et de la Terre

Nature pédagogique

  • Cours

Niveau

  • Bac+3

Objectifs de Développement Durable

  • 14. Vie aquatique
  • 15. Vie terrestre

Thèmes

  • Ecosystèmes et biodiversité

Types

  • Grain audiovisuel

Mots-clés

biodiversitéOutre-merprotection de la natureprotection des espècesespèces envahissantes
Les récifs coralliens : des enjeux majeurs pour l'Outre-mer
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La biodiversité en Outre-mer
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Inégalités et pauvreté dans les outre-mer : un état des lieux
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Les inégalités de genre dans les Outre-mer
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Alimentation et nutrition dans les départements et régions d’Outre-mer
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La transition énergétique dans les Outre-mer
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Le stockage du carbone dans le sol pour lutter contre le changement climatique
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La transition vers une économie circulaire dans les Outre-mer
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Échouages des sargasses et pollutions par les pesticides : transformer une contrainte en opportunité
Échouages des sargasses et pollutions par les pesticides : transformer une contrainte en opportunité

Contributeurs

Zammite Jean-Michel

directeur des Outre-mer , OFB - Office Français de la Biodiversité

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Biodiversité en Outre-mer : des pressions en tropiques
par Jean-Michel Zammite, directeur des Outre-mer à l’OFB

Le plus souvent, quand on parle de la biodiversité en Outre-mer, on rappelle avant tout le formidable patrimoine qu'elle représente au travers de quelques chiffres. 

1. La biodiversité dans les outre-mer : données de cadrage
La France possède, en raison de ses territoires ultramarins dispersés sur 4 océans de notre planète, le deuxième espace maritime mondial avec 11,7 millions de km². La zone économique exclusive française couvre environ 8 % de la surface de toutes les ZEE du monde, tandis que la République française ne couvre que 0,45 % de la superficie terrestre mondiale. 10 % des récifs coralliens sont sur le territoire français. 90 % des découvertes des nouvelles espèces présentes sur le territoire français sont faites en Outre-mer. Il est usuel de rappeler que 80 % de la biodiversité française est en Outre-mer. 500 000 à 1 million d'espèces sont menacées d'extinction. Cette menace globale pèse d'autant plus sur les territoires d'Outre-mer car ils sont le plus souvent caractérisés par leur insularité et leurs espèces endémiques. 

Nous avons donc un patrimoine ultramarin considérable qui s'étend du nord au sud, de Saint-Pierre-et-Miquelon aux Kerguelen, de l'est à l'ouest, de Mayotte aux Antilles, en passant par La Réunion, le Pacifique, Clipperton. 

2. Grandes caractéristiques du patrimoine naturel des Outre-mer
Au sens de l'UNESCO, le patrimoine est l'héritage du passé dont nous profitons aujourd'hui et que nous transmettons aux générations à venir. Cette définition distingue deux types de valeurs : une valeur d'héritage du passé, dont nous profitons, et une valeur de transmission aux générations futures. Un patrimoine est une richesse et comme tout patrimoine, il est soumis à plusieurs contraintes, à des pressions : sa dispersion ou sa surconsommation par les héritiers et les convoitises qu'il suscite. Avoir à sa charge 80 % de la biodiversité française est un enjeu patrimonial. 
•    Ce patrimoine est méconnu : seuls 29 % des groupes d'espèces dans les Outre-mer étaient correctement référencés.
•    Ce patrimoine est altéré : 60 espèces parmi les 100 plus envahissantes du monde étaient présentes dans les Outre-mer (ex : cancer vert à Tahiti, liane papillon à La Réunion, ou encore iguane commun, rat noir).
•    Ce patrimoine connaît une forte exposition et une vulnérabilité face aux changements climatiques et aux phénomènes naturels multiples, tels que volcaniques, sismiques, cycloniques.
•    Ce patrimoine est soumis à des fortes pressions anthropiques. Il subit la pression des héritiers. 

3. Le problème de la surconsommation et du braconnage
Surconsommation de biens, des espaces, des espèces, augmentation de la population ou de l'activité, besoin de consommation d'espaces et d'espèces, espaces urbanisables limités : les écosystèmes sont soumis à une surabondance de sollicitations. Et des pressions qui étaient supportables il y a quelques années, quelques décennies, deviennent intolérables, insupportables pour les espèces.
On peut citer l'exemple des bichiques à La Réunion. Le bichique est la larve d'un poisson, le cabot à bouche ronde. Les Réunionnais et les populations locales sont très friands de cette petite larve qui est capturée maintenant de façon quasi-industrielle à l'estuaire des cours d'eau réunionnais.
Un autre exemple, plus symbolique, est à Mayotte, avec le braconnage de la tortue verte. Cela était connu depuis longtemps, la consommation de tortues vertes par quelques populations locales de pêcheurs. Aujourd'hui, la pression qui s'exerce sur les tortues vertes, ce sont près de 300 tortues braconnées sur 3 000 tortues pondeuses à Mayotte. Cela met l'espèce en danger, en voie de disparition. Tout cela pour satisfaire quelque consommation locale, mais aussi un trafic qui prospère. Car la viande de tortue se vend de 15 à 45 euros le kilo. Et une tortue, c'est tué en 10 minutes et ça donne 100 kg de viande.

4. Le problème des espèces envahissantes
Une autre pression subie vient particulièrement altérer la qualité des milieux et la diversité des espèces. Il s'agit des espèces exotiques envahissantes. Le diagramme ci-dessous indique la répartition de 60 des 100 espèces les plus envahissantes au monde dans les Outre-mer.

Même Clipperton n'y échappe pas. La Nouvelle-Calédonie, qui possède une flore et une faune des plus remarquables doit faire face à 38 des espèces les plus invasives.

5. Le problème de la pression de convoitise des richesses
J'achèverai ma présentation par quelques exemples de ce que j'appellerai la "pression de convoitise des richesses". Les espèces ont une valeur patrimoniale, elles ont surtout, pour beaucoup, une valeur monétaire. 
En parallèle de filières commerciales légales, par exemple pour le lambi, la filière légale annuelle représente environ 2 300 000 kg, soit 670 000 spécimens. Nous avons des trafics entre les îles, de braconnage de lambis pour satisfaire la consommation locale. 
Un exemple plus récent, bien connu maintenant, c'est celui de l'acoupa rouge. C'est un poisson menacé par un trafic de vessie natatoire. La vessie natatoire de l'acoupa rouge est appréciée en Chine. Il est particulièrement présent dans les eaux guyanaises et sa valeur marchande a explosé. Autrefois produit à jeter, produit inutile, il devient un produit très intéressant pour les Chinois, les populations asiatiques, et la vessie natatoire est vendue de 180 à 200 euros fraîche. Pour faire 1 kg de vessie natatoire, il faut tuer 12 kg de poissons. Donc on a des enjeux monétaires qui sont considérables et qui font évoluer la densité et les pressions sur les espèces.

6. Conclusion
En Outre-mer, plus qu'ailleurs, la biodiversité est menacée. Il faut fructifier ce patrimoine, le protéger, le préserver. Pour cela, il faut le connaître par la science et la connaissance. Il faut le protéger par la loi, la lutte contre le braconnage, la limitation des pressions. Il faut aussi le valoriser par l'écotourisme, par la création de labels, et faire de ce patrimoine vivant une source d'aménités.