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Description

Daniel Hierso, président d'Outre-Mer Network, discute dans cette vidéo des aspects qui permettront de faire émerger une nouvelle économie dans les Outre-Mer. Le développement de la recherche fondamentale, le rapprochement des acteurs économiques, l'utilisation de l'intelligence artificielle et le marketing territorial sont ainsi évoqués.

Objectif d'apprentissage :
- Comprendre les conditions du succès, en Outre-mer, de l'innovation dans le champ de la transition écologique.
 

État

  • Labellisé

Langues

  • Français

Licence Creative Commons

  • Partage des conditions à l'identique
  • Pas d'utilisation commerciale
  • Pas de modification

Mentions Licence

  • Economie

Nature pédagogique

  • Entretiens et témoignages

Niveau

  • Bac

Thèmes

  • Institutions, acteurs, sociétés et territoires

Types

  • Grain audiovisuel

Mots-clés

Outre-merinitiativeentreprisesdéveloppement économiqueinnovation technologiqueénergies renouvelables
La science de la durabilité : une approche émergente pour répondre aux défis sociaux et environnementaux
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Vers un développement durable dans les Outre-mer : le rôle des collectivités locales
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Vers un développement durable dans les Outre-mer : le rôle des associations
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La mise en politique du développement durable dans les Outre-mer
La mise en politique du développement durable dans les Outre-mer

Contributeurs

Daniel Hierso

président d'Outre-Mer Network

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Innovation en outre-mer : freins et opportunités
par Daniel Hierso, président d'Outre-Mer Network

Aujourd'hui, en Outre-mer, on assiste à une douce révolution. C'est la révolution des mentalités, des esprits. On est passés de la culture de la fonction publique et du fonctionnariat à celle de l'entrepreneuriat pour la nouvelle génération qui monte. Comment on va pouvoir adapter cette révolution douce vers le développement des filières ? Vers l'environnement, l'économie circulaire, les poncifs que sont l'or bleu, l'or vert ? L'or bleu, puisque la France est le deuxième espace maritime mondial, il faut le savoir, que 87 % de la biodiversité française réside en Outre-mer, et donc vous voyez tout le champ des possibles qui reste à déterminer, à la fois en termes d'organisation de filières, de métiers futurs, mais également de villes, de régions tests, notamment sur l'économie circulaire.

Alors, ça fait des années qu'on en parle, en Outre-mer. Ça fait des années, bien sûr, que les schémas et les plans se succèdent. Qu'est-ce qui va faire, peut-être, que dans quelques années, les choses vont bouger singulièrement ?

1. Le lien recherche-entrepreneuriat
C'est un problème franco-français, mais on s'est aperçu qu'il manquait de la fluidité entre le monde de la recherche fondamentale et le monde des entrepreneurs. Donc, il y a quelques années, l'ancienne ministre des Outre-mer, Mme Girardin, a débloqué un fonds spécifique dédié à la recherche fondamentale pour faire émerger des solutions en accointance avec le milieu économique. Pourquoi c'est très important ? Pour deux choses.

La première, c'est parce qu'il y a beaucoup de fonds, notamment des fonds européens disponibles, et parfois qui repartent, dans certaines régions, qui permettraient de faire des pôles d'excellence. Il y en a déjà. Je veux parler, bien sûr, du CYROI, par exemple, à La Réunion, spécialisé dans les maladies infectieuses, qui exploite le cyclotron. Il y a six ou sept cyclotrons en France, et le CYROI a décidé, autour de ce cyclotron, de mettre en place toute une pépinière technologique avec des visiteurs du monde entier chaque année. Torskal, Bioalgostral, Stemcis sont des start-up qui sont issues de cette fameuse technopole qui a une belle renommée, et qui permettent justement, à travers une spécificité, une expertise très très forte, sur les traceurs anticancéreux, sur les maladies infectieuses, de générer tout un tas de start-up qui vont pouvoir rayonner à l'international.

On va retrouver, j'espère demain, cette même problématique sur l'hydrogène, par exemple, alors l'hydrogène vert, mais aussi l'hydrogène gris, en Guyane, avec Thierry Déau, le fondateur du fonds d'investissement Meridiam, dont vous avez certainement entendu parler, qui a fait beaucoup de bruit récemment, avec l'affaire Veolia, notamment. Thierry Déau a mis en place en Guyane l'une des plus grosses usines sur la problématique du stockage, des batteries de stockage pour l'hydrogène. Donc là, vous voyez qu'il y a un enjeu extrêmement fort.

En Martinique, il y a également des travaux avec la SARA qui pousse beaucoup sur tous ces sujets, parce que l'autonomie énergétique de nos territoires, qui sont hors réseau, est tout à fait fondamentale. À horizon 2030, 2050, l’objectif est d’avoir 100 % d'autonomie énergétique. Comment travailler sur les problèmes de la houle, du vent, du photovoltaïque, mais également des biocarburants ? Bien sûr, tout le monde va sur les schémas, aujourd'hui, des filières électriques. Tout le monde sait que le monde de l'électrique n'est pas simplement green, car derrière, on reste quand même dans le monde de l'extraction. Le monde de l'électrique et de l'hydrogène, comment cela va-t-il se marier dans les territoires insulaires ? Ça va être très intéressant à tester.

2. Faire revenir les jeunes diplômés
On va voir l'importance de faire revenir tous ces jeunes ingénieurs qui sont partis étudier à l'étranger, qui ont plein d'idées dans leur tête, ont travaillé pour beaucoup de grands groupes à l'international. Comment on va pouvoir les faire revenir au pays ? Comment ils vont pouvoir s'investir dans des PME, parce qu'il n'y a pas que les start-up qui innovent, dans des PME qui, elles, sont sur des schémas d'avenir ? Sur des start-up également qui essaient de rénover ? On parle beaucoup de biomatériaux aujourd'hui, on parle beaucoup de biomimétisme en Outre-mer. On est en train d'essayer de repenser l'AIoT appliquée aux Outre-mer.

3. L’intelligence artificielle
Vous avez certainement tous entendu parler des problématiques d'eau et des graves manquements qu'on a sur nos réseaux d'eau, par exemple, et comment l'AIoT peut être adaptée au BTP ou aux sujets d'infrastructures, pour diminuer tout ce gaspillage.

On le retrouve également dans les habitus alimentaires des gens. Il faut savoir qu'en Outre-mer, on commence à revenir sur la terre. Ce sont des choses très simples, l'environnement, ça commence aussi par là. Comment on redonne une nouvelle image au monde de l'agriculture, des jeunes agriculteurs ? Comment on retrouve une nouvelle image grâce à la technologie ? Le Covid l'a démontré, on a mis à disposition, à travers beaucoup de nos start-up, des applications pour des agriculteurs, pour qu'ils puissent vendre directement au client, et ainsi, le sourcing en produits bio s'est fait de manière extrêmement naturelle avec deux générations de gens : une génération habituée à travailler la terre mais qui ne connaît rien à la techno, et en même temps, une génération férue d'outils technologiques et qui a envie de revenir à la terre. On est même sur des sujets d'intergénérationnel, de partage des connaissances, qui, au départ, étaient très cantonnés dans le monde de l'associatif. Grâce à ces mouvements, qui sont des mouvements de fond, on arrive à retrouver et remettre au cœur l'économie circulaire, l'auto-alimentaire, puisque je pense que c'est un vrai phénomène aujourd'hui, dont les politiques eux-mêmes ont pris conscience.

4. Les financements
Pour finir, bien sûr, tout ça ne marche pas sans argent. La vraie problématique que nous avons aussi, en Outre-mer, c'est de faire du marketing territorial et de faire comprendre comment ces start-up, comment ces nouveaux projets peuvent passer la barrière de ce qu'on appelle "la vallée de la mort" en investissement. C'est donner la confiance aux fonds d'investissement privés, aux business angels, aux family office, de se dire qu'elles peuvent investir une fois que ces projets sont sortis de recherche et développement, et elles vont avoir besoin d'attaquer des marchés car les marchés concurrentiels sont très forts chez nous. Tout de suite, vous devez sortir de votre zone de confort, de votre territoire, et vous vous retrouvez avec des problématiques de PME ou de grands groupes. Les solutions de financement doivent être trouvées donc il y a plusieurs initiatives. Sur ces biais, je suis très heureux, à titre personnel, d'avoir accompagné le projet Innovation Outre-mer qui est devenu aujourd'hui le lieu de référence autour des investissements des start-up, mais également de BPI France pour apporter des solutions concrètes à des projets qui vont avoir le temps de grandir.

5. Faire émerger ces nouvelles économies
La dernière problématique qui va s'offrir est toute cette capacité de cette nouvelle économie à émerger. Non pas en contradiction avec l'ancienne, mais je pense, à arriver à émerger en parallèle, car c'est ça qui va contribuer à créer de l'emploi non délocalisable, extrêmement local, mais sur ces problématiques locales, qui vont toucher le monde entier.

Quand Leadbees s'intéresse, en Polynésie, à la problématique du suivi des abeilles et des ruches connectées... La problématique des ruches connectées, on la retrouve dans le monde entier. Quand Myditec s'intéresse aux bornes météo et à l'assistance à la prise de décision pour des agriculteurs... C'est une solution qui commence en Guadeloupe, et qui arrive aujourd'hui au Togo et qui devient un programme gouvernemental. Voilà comment des petits entrepreneurs peuvent sortir de leur territoire, continuer à facturer depuis leur territoire mais être des vrais ambassadeurs de leur région en trouvant des marchés assez conséquents. L'avenir, il va être là : réconcilier l'économie, l'environnement, le circuit court et en faire une vraie valeur ajoutée.

Je pense que l'innovation est ce qui va faire revenir les jeunes au pays, ce qui va donner une nouvelle dynamique, et on est très heureux de voir cette vague de fond qui ne s'arrêtera pas.