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Description

Séance plénière - Jean-Claude Dauvin (écologue, USTL - Lille1) apporte son point de vue d'écologue sur le sujet Le littoral occupe une place particulière dans la dynamique des territoires. Interface multiple entre terre et mer, nature et société, volontés politiques et pratiques sociales, il est l’objet de très forts enjeux et de débats passionnés. Eco-sociosystème particulièrement complexe, le littoral est de plus en plus un espace ambivalent, attirant car porteur de richesses et d’aménités liées à la présence de la mer, mais aussi marqué par de fortes contraintes naturelles et anthropiques génératrices de concurrences, de conflits et de risques divers. Particuliers désireux d’habiter le littoral, touristes et excursionnistes venant profiter des activités de loisirs liées à la plage et la mer, industriels attirés par la proximité des ports, développement des activités portuaires, producteurs d’électricité éolienne, etc., tous ces acteurs sont (de plus en plus) dévoreurs du même espace, sur lequel leurs intérêts sont souvent divergents, parfois même incompatibles. La GIZC, déclinaison littorale du développement durable, tente d’apporter un regard neuf sur cette complexité. Elle se pose comme principe organisateur, pour guider l’action et définir le champ des possibles. On sait en effet qu’une des difficultés d’application du principe de développement durable, et donc de la GIZC, est de faire coexister deux logiques qui n’ont finalement que très peu de points communs : celle des territoires décentralisés qui se mobilisent et agissent avec pragmatisme et efficacité pour le développement local et celle d’un niveau global (national ou supra-national), garant des grands principes de responsabilité, de solidarité, d’éthique. La GIZC cherche à créer des passerelles entre ces deux logiques. La gestion du littoral s’inscrit aussi dans les nouvelles formes de l’action publique qui accordent aujourd’hui une plus grande place aux principes de décentralisation et de gouvernance. Dans ce contexte, la mise en pratique de la GIZC soulève de nombreuses interrogations sur l’avenir du littoral et les moyens de l’assurer : quels acteurs, quels territoires de projets, quels objectifs, etc. ? Au-delà de ces questions, d’autres, plus fondamentales et souvent liées à la mondialisation se posent : «Donne-t-on la priorité à l’autonomie, à la singularité, au développement endogène, à l’identité ; ou au contraire à l’équité, à la réduction des externalités et à la mutualisation des risques entre collectivités manifestement inégales ?» (Theys, 2002). Sur le littoral, plus qu’ailleurs car les enjeux y sont concentrés, on se trouve «pris en sandwich» entre la peur de la mondialisation, de la banalisation, de la «macdonaldisation du monde» et la crainte du communautarisme, du déclin des solidarités, du repli sur soi. Un équilibre dynamique entre local et global, initiatives privées et interventions publiques, marché et régulation, est nécessaire à un «développement équilibré du littoral» (DATAR, 2004). Il fluctue constamment selon les lieux et les époques, en fonction des orientations politiques, des contextes socio-économiques, des idéologies... Ainsi, il apparaît de plus en plus important d’assurer le dialogue et les échanges de connaissances entre les chercheurs (géographes, écologues, économistes, sociologues, juristes, politistes…), les gestionnaires (Etat, collectivités territoriales…) et les usagers (industriels, pêcheurs, conchyliculteurs, touristes, résidents…) du littoral. D’un certain point de vue, occuper le littoral, y avoir ses activités de production ou son lieu de résidence (principale ou secondaire), c’est subir : l’érosion côtière, les pollutions marines, les nuisances des industries portuaires, la hausse du prix de l’immobilier, les contentieux de la loi Littoral (dans le cas français), les conflits d’usages en général, etc. Face à ces contraintes, comprendre, analyser, s’organiser, c’est avant tout dire. Dire pour affirmer et tenter de faire partager sa vision du territoire littoral, les priorités que l’on y met, l’avenir que l’on y projette. Comprendre et nommer les contraintes et les enjeux, les analyser, c’est enfin commencer à agir. Agir pour choisir parmi l’étendue des possibles, pour aménager, pour gérer, pour préserver, etc. ; donc pour vivre le littoral. Subir, dire, agir, à travers ces trois verbes, le colloque a bien pour but de contribuer à la compréhension des phénomènes littoraux, dans l’étroite intrication de leurs dimensions économiques, sociales, politiques et environnementales. Ainsi, ce colloque international s’adresse à tous ceux qui s’interrogent sur la spécificité et le devenir du littoral, qui souhaitent comprendre ses enjeux spécifiques, construire et/ou utiliser des outils d’analyse et de gestion de celui-ci. Les intervenants et le public attendus sont des géographes, sociologues, économistes, politistes, juristes, écologues, etc., ainsi que tous les praticiens appartenant à des collectivités territoriales, des administrations déconcentrées de l’Etat, des associations, des syndicats professionnels, des sociétés industrielles, etc. confrontés à la complexité du système littoral

État

  • Valorisé

Types

  • Grain audiovisuel

Mots-clés

aménagement du territoireaménagement métropolitainchangement climatiqueconservatoire du littoraldéveloppement durablehabitatécologiedéveloppement durable

Contributeurs

Cemagref