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Sensibilisation aux risques chimiques physiques et biologiques

Contexte :

L’Université de Nantes avec ses partenaires, s’est engagée dans le développement d’une pédagogie « hybride » combinant enseignement à distance et en présentiel dans le cadre notamment des enseignements en gestion des risques santé sécurité environnement. L’utilisation des TICE  doit nous permettre de faire évoluer nos pratiques d’enseignement au profit d’une pédagogie active renforcée, propice au développement des capacités pratiques de nos étudiants ainsi qu’à leur autonomie à la veille de leur entrée dans la vie professionnelle. Pour l’Université de Nantes comme pour l’ENSCBP et l’ENV, la gestion des risques chimiques, physiques et biologiques est une compétence importante en tronc commun comme en enseignement de spécialité.

L’ENVN/ENITIAA collaborent avec l’Université de Nantes autour notamment des activités de formation relatives à la qualité et à la gestion des risques appliquée à la santé au travail et aux produits alimentaires et ce à travers le Pôle IQUABIAN.

L’ENSCBP est intéressée au développement de la formation hybride utilisant le e-Learning. Elle s’est par ailleurs investit depuis de nombreuses années dans l’enseignement du management des risques pour un développement durable. Elle est certifiée qualité pour ses activités d’enseignement, et sécurité/santé et environnement pour l’ensemble de ses activités, constituant ainsi une des références pratiques pour ce  module.

Ce projet est une opportunité pour conjuguer les compétences des partenaires et à travers eux de leurs intervenants, pour proposer à UVED un module relatif à la gestion des risques chimiques physique et biologiques dans l’entreprise  replacée dans son contexte écologique et sociétal.  Notre objectif pédagogique est de concevoir un parcours de formation de 30h entièrement accessible en ligne. Il pourra cependant être complété par une part de présentiel. L’ensemble du dispositif permet plus d’interaction au sein de l’équipe pédagogique, un échange sur les méthodes, une amélioration de la qualité des connaissances transmises et de la cohérence d’ensemble. Ceci est une question particulièrement sensible sur un sujet transdisciplinaire.

Objet :

Dans ce contexte nous proposons de réaliser un module généraliste de 30h sur la gestion des risques chimiques, physiques et biologiques appliqués à l’environnement, à la santé/sécurité au travail et aux produits alimentaires. Il se déclinera selon un processus intégrant l’identification du risque, sa caractérisation, son évaluation et enfin sa gestion au niveau de l’entreprise replacée dans son contexte. Nous présenterons l’ensemble des principaux risques auxquels nous sommes confrontés tout en choisissant en « fil rouge » les risques liés à la pollution par les hydrocarbures comme exemple autour duquel nous aurons une approche plus détaillée afin de bien montrer la complexité de la problématique.

Notre stratégie pédagogique est motivée par deux faits majeurs :

  • La réalité des pratiques communes conduit nos étudiants et futurs professionnels de nos filières à œuvrer dans tous ces domaines de risques à l’échelle du terrain ou au moins à les intégrer dans leur pratique.
  • Nous pouvons définir un corpus de connaissances communes à ces risques (écologie, toxico-chimie, principes de physique et principes communs de gestion, de rapport au risque en général (phénomènes sociaux) et de son encadrement juridique). Elles se déclinent ensuite dans des approches plus spécifiques à chaque domaine de risque (alimentaire, écologique, santé/sécurité au travail, protection des installations et risque collectifs) en fonction de l’ampleur des phénomènes et des cibles que l’on souhaite protéger.

Ce module veut être introductif en montrant à la fois des connaissances générales ainsi que des exemples d’application pratiques en lien avec les métiers du domaine qui seront évoqués.

Dans le contexte que nous venons de décrire, il s’agit de réaliser une ressource de type 3. Elle s’intègrera dans des filières des partenaires (options, master 1 ou 2). Ce module fera l’objet d’une scénarisation mettant en œuvre un enseignement à distance avec l’aide d’un enseignant dans son rôle de tuteur. Les principaux enseignants assureront, suite à la phase d’acquisition des éléments de connaissances et de compréhension nécessaires, un exercice pratique sous forme d’étude de cas ou d’exercice de compréhension qui complèteront les exercices d’autoévaluation pour chaque thème. Plusieurs enseignants de différentes spécialités concourent à ce module entre savoirs issus de la pratique et savoirs scientifiques.

« L'impact de nos actions sur le monde est désormais massif, le savoir, contrairement à ce que l'on avait cru depuis l'avènement de la science moderne, n'engendre pas exclusivement de la maîtrise, mais également de la non maîtrise et de l'impuissance » . Il faut enseigner l’incertitude, « apprendre à naviguer dans un océan d’incertitudes à travers des archipels de certitudes », infléchir notre développement en fonction « des informations acquises en cours de route » . Etre capable de mobiliser la connaissance pertinente afin d’opérer les liens entre le tout et les parties dans l’action et assumer les « cécités » de nos connaissances. Repenser l’identité de « l’être humain », fondamentalement physique, biologique dans un ensemble écologique. Il est aussi « individu » psychique, s’intégrant dans une culture, une société, une histoire, le tout se trouvant trop souvent désintégré dans les disciplines, les modèles, les corporatismes... Cette identité humaine est désormais mondiale, « terrienne », dans une perception de communauté de destin sans précédent dans l’histoire de l’humanité.  Edgard Morin suggère d’enseigner la compréhension entre des citoyens terriens, respectueux des cultures de chacun. Développer la compréhension pour réduire le mépris, développer l’enthousiasme du partage pour sécuriser dans la construction d’une certaine « éthique qui n’est pas enseignée par des leçons de morale », mais qui se forme dans l’action, dans le développement des autonomies individuelles, des participations communautaires avec la conscience d’appartenir à l’espèce humaine.

On observe les comportements, on théorise autour de la pensée, on mesure, on transforme, on compte, on réglemente, on explore, on soigne, on décrit ou l’on est et d’où l’on vient, on politise, et au final nous devons gérer où l'on va, aujourd’hui, demain, après demain. La gestion, la gouvernance, le management  est l’entrée principale de ce module transdisciplinaire. Il se place dans un contexte de liens entre les notions de « risques », de « qualité » et de « développement durable » au regard des enjeux du travail, de la santé et de l’environnement dans une société démocratique de droits et de devoirs.

Si notre approche se positionne au niveau de l’entreprise, cette dernière s’inscrit dans un contexte en matière d’enjeux santé-environnement (Homo ecologicus), de santé et de sens au travail (Homo faber, l’homme qui fabrique, construit avec les autres, homo sociologicus..) et dans un système économique global (Homo economicus), le tout définissant un ensemble de savoirs (Homo sapiens) dans une société démocratique de droits et de devoirs. L’entreprise transforme des éléments d’entrées en utilisant des ressources humaines et matérielles, et ce afin de créer de la valeur ajoutée dans la perspective d’un développement que l’on peut espérer efficient et soutenable. Ces activités prennent place dans un système qui se structure autour de processus et de projets qui caractérisent son organisation. Du stratégique à l’opérationnel, elle doit mener ses activités en réduisant les aléas qui pourraient modifier certains « états de choses » qu’elle souhaite préserver ou perturber l’atteinte d’objectifs qu’elle s’est fixés : Réduire ses risques à un niveau de sécurité le plus acceptable possible pour l’ensemble des parties prenantes.

Dans ce contexte, les exigences en matière de gestion des risques que nous qualifierons de « biologiques-chimiques-physiques » s’intensifient. Nous pouvons entre autres choses citer :

  • Mise en place des exigences relatives à la directive REACH,
  • Améliorer la maîtrise des risques majeurs (AZF),
  • Les risques biologiques liés à l’alimentation ou aux phénomènes de pandémie,
  • Effet des champs électromagnétiques ou des radiations ionisantes sur la santé,
  • Développement du volet santé des études d’impact,
  • Une gestion renforcée des risques chimiques au travail suite au problème de l’amiante et des suspicions de l’incidence des expositions professionnelles aux produits chimiques sur le cancer,
  • La présence dans les cycles alimentaires de produits indésirables issus de nos activités technologiques (ex dioxines, polychlorobiphényl),
  • Les pollutions par les hydrocarbures chroniques ou accidentelles (Erika)…

 

Ce module propose un niveau de connaissance et de compréhension que tout ingénieur dans les domaines de la chimie, de la physique, de la biologie-agronomie devrait avoir au minimum sur la question. Ceci peut introduire les savoirs nécessaires à la mise en œuvre d’une démarche de gestion des risques chimiques/physiques/biologiques au sein d’une entreprise dans le cadre de mission habituellement confiées à un ingénieur chargé de l’environnement, de la santé/sécurité du travail et des installations ou encore des risques relatifs à la sécurité des produits alimentaires. L’approche est d’abord « naturaliste », dans le sens où l’accent est mis sur la caractérisation scientifique du risque faisant appel aux sciences biologique, physique et chimique. Nous nous plaçons au niveau de l’homme dans la « nature » ou plutôt dans son environnement physique (chimique, biologique, écologique, « Homo ecologicus » dans la figure 1). Nous considérons les flux de danger, issus de nos systèmes techniques, vers l’homme et les autres être vivants. Il s’agit alors de comprendre les phénomènes et de développer un « sens écologique » global en lien avec les systèmes techniques (fonctionnement du système), dans l’optique de cerner les phénomènes physiques, chimiques et biologiques pouvant conduire à des dysfonctionnements que nous souhaitons éviter ou au moins réduire. Dans une approche conventionnelle de gestion des risques qui s’appuiera sur la réglementation technique dans ces domaines, il s’agira alors d’identifier, de mesurer et d’évaluer le risque avant de préconiser des actions de gestion (prévision, prévention, protection, limitation, réparation, cf figure 1). Le tout s’inscrit alors dans un système de gestion permettant à l’organisation considérée de manager la réponse aux exigences sociales, à leurs évolutions, leurs expressions qui seront également largement évoquées.

Scénario du module :

Ce module se déclinera selon un scénario dont les grandes lignes sont ébauchées ci-dessous. Il se découpe selon 5 thèmes qui eux même seront découpés par séquences le tout dans un ensemble logique de progression de l’étudiant. Les séquences intégreront des éléments de connaissance, des témoignages et illustrations vidéo,  des exercices. Le plan proposé :

A. Contexte, enjeux écotoxicologiques et sociétaux (6h) :

1. Nous introduisons tout d’abord le module dans un ensemble plus vaste relatif aux enjeux d’un développement durable intégrant une lecture élargie de la notion de risque, court terme et long terme et de la complexité des situations à l’interface nature/société.

2. Les risques chimiques/physiques/biologiques dans leur contexte d’écologie et de santé. Nous présentons le contexte écologique en lien avec les grands phénomènes de risques et les cycles de vie éventuels dans lesquels ils s’inscrivent.

3. Dans ce contexte comment la société se saisie-t-elle de ces problèmes pour les gérer ? Nous introduisons, préalablement à la suite, le « schéma » général de gestion à l’échelle de la société en réponse aux enjeux préalablement présentés.

B.  Caractérisation et évaluation des risques appliqués à l’écologie et à la santé (6h): Nous abordons les enjeux globaux à l’échelle écologie-santé en lien avec leur gestion pratique : Sources, caractéristiques, comportement physico chimique, écologique, prélèvement/mesure, conditions d’exposition et impact sur le vivant. Tout en abordant les principaux risques chimiques, biologiques et physiques majeurs, on approfondira plus particulièrement la problématique de pollution par les hydrocarbures.

  • Pollution de l’eau, des sols et des chaines alimentaires : eutrophisation, micropolluants organiques (HAP, PCB, phtalates, …), micropolluants métalliques et organométalliques
  • Pollutions chimiques de l’air intérieur et extérieur : particules, pluies acides, COV, effet de serre…
  • Pollutions biologiques (ex légionellose), épidémie, pandémie

 

C. Caractérisation et évaluation des risques appliqués à la production alimentaire (6h) : « de la fourche à la fourchette », la sécurisation du processus de production des aliments pour l’homme. C’est l’occasion d’aborder une gestion des risques centrée sur le produit mais qui dépendra également d’enjeux à l’échelle écologique comme la contamination des chaines alimentaires par des produits indésirables.

  • Identification et caractérisation des risques chimiques / physiques / biologiques
  • Mesure, évaluation
  • Principes et système de gestion

 

D. Les systèmes de management santé-sécurité au travail et environnement dans l’entreprise (6h) : Dans la continuité du système de gestion des risques alimentaires (cf. 2), nous pouvons définir un corpus de connaissances commun comprenant la compréhension de  l’articulation droit/normalisation d’une part, et d’autre part, d’une « mécanique » commune concernant les systèmes de management des risques appliqués à la santé-sécurité au travail ou à l’environnement. Cette partie se fera à partir d’un « cas d’école » celui de l’ENSCBP, établissement certifié ISO14001, OHSAS18001 et ISO9001.

E. Relations avec les parties prenantes, communication et perception du risque (6h) : Ce thème est l’occasion d’ouvrir la réflexion sur une vision globale et transdisciplinaire du risque. Ceci est fait en abordant les enjeux et principes de communication avec les parties prenantes, qui sont présentées en utilisant une étude de cas issue de la recherche sur la gestion de crise (catastrophe de l’ERIKA). Ce cas est l’occasion d’une part, de voir les questions d’impact sur la santé des écosystèmes, sur l’homme à travers la chaine alimentaire et au travail (ramassage sur les plages), et d’autre part, d’aborder les enjeux sociaux-économiques et de perception du risque et de sa gestion en temps de crise.

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