Ce module propose une initiation à la problématique interdisciplinaire de la biodiversité comme enjeux de la Responsabilité Sociétale d’Entreprise (RSE) dans le contexte des ambitions et des pratiques du développement durable pour les territoires français. Il est envisagé pour le niveau Master de formation mais aussi, grâce à la souplesse des parcours pédagogiques offerts par le système modulaire en hiérarchie confondue, il s’adaptera facilement à une variété de contextes de formation professionnelle et continue.
Les années 90 ont été marquées par de nouvelles exigences sociétales concernant la mesure des performances des entreprises par rapport à un ensemble d’objectifs de développement durable. Le concept émergent de Responsabilité Sociétale d’Entreprise (RSE) impose de nouvelles exigences aux dirigeants d’entreprises et notamment la nécessité d’un « triple bilan » des performances économiques, sociales et environnementales. Cette obligation substantive s’accompagne d’une exigence procédurale : celle des nouvelles formes de dialogue social en tant que contribution au reporting d’entreprise, à la définition de stratégie et à la prise de décision.
La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) se traduit par leur engagement à prendre en compte l’impact économique, social et environnemental de leurs activités pour les rendre compatibles avec les impératifs du développement durable.
L’approche systémique au développement durable met l’accent sur l’interdépendance entre trois sphères — trois formes d’organisation différentes et complémentaires — l’économique, la sociale et l’environnementale].
En effet, le développement durable est une vague de fond qui bouleverse notre manière de penser l’économique, la politique, et le social. Ce nouveau projet de société s’affirme, discursivement, à travers un vocabulaire non encore stabilisé : responsabilité ; respecte pour les générations futures ; justice environnementale ; maintien des multiples fonctions environnementales, principe de précaution (etc., etc.). Ce sont autant de concepts normatifs qui se veulent traduits en pratiques.
Cependant, les multiples acteurs ont des intérêts et des visions disparates et parfois contradictoires sur le rôle que la biodiversité devrait avoir dans la région et sur les modalités pour assurer la durabilité de cette richesse. Les concepts académiques, trouvent-ils des résonances dans les pratiques, les partenariats et les représentations des acteurs des mondes ruraux et urbains, industriels et agricoles (etc.), en sorte d’alimenter des projets commerciaux et de territoire intégrés et respectueux de la biodiversité ?
Au delà de la diversité socio-économique et géographique, il s’agit aussi d’un défi d’articuler les échelles multiples d’analyse et de politique. La gouvernance pour un développement durable consisterait, parmi d’autres facettes, en la régulation de la sphère économique par rapport aux sphères sociale et environnementale, pour s’assurer de l’intégrité des systèmes sociaux et environnementaux, ce qui revient à dire assurer le respecte simultané des critères de qualité et de performance propres à tous les trois sphères.
On ne « gouverne » pas l’environnement. On se gouverne.
Les nouvelles pratiques de RSE font partie de cette vision de « se gouverner » — collectivement et individuellement — sur base d’une reconnaissance et d’un respect pour la diversité et la fragilité du vivant. En affirmant leur responsabilité sociétale et en contractant de leur propre initiative des engagements allant au-delà des exigences réglementaires, les entreprises s'efforcent de répondre aux attentes émanant de toutes leurs parties prenantes : employés, investisseurs, consommateurs, société civile, etc. Lorsque la responsabilité sociétale de l’entreprise constitue un processus de gestion de ses relations avec tout un éventail de parties prenantes alors cette responsabilité, à l’instar de la gestion de la qualité, doit être considérée comme un investissement et non un coût.
Ce module pédagogique Biodiversité-Entreprise-Stratégie-Territoires (B-E-S-T) propose, en effet, une initiation aux questions de qualité et de performance pour la reconnaissance de la biodiversité comme enjeu de la légitimité des activités industrielles et commerciales comme composantes de la RSE dans une démarche de développement territorial soutenable. Pour composer le module, nous puisons dans quatre sources complémentaires et évoquons, pour chacun de ces « piliers », l’existence de riches gisements d’expérience empirique aussi bien de ressources académiques ; ces riches sont, pour nous, sont constitutives de l’état de l’art :
Le support pédagogique propose – à partir de retours d’expérience accumulés par les différents partenaires dans le cadre de la production de connaissance et leur application – une structuration de B-E-S-T en utilisant 12 points d’entrée dans la problématique. Ces points d’entrée, c’est-à-dire ce « dodécaèdre », représentent autant de façons pertinentes de s’initier à la problématique complexe de B-E-S-T allant de la compréhension des enjeux associés à ces pratiques, à la mesure et à l’évaluation de ces dernières, et au processus d’apprentissage autour de cette problématique, notamment en mettant en perspective la diversité des points de vue.
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